Luxation
antérieure sous coracoïdienne de l'épaule gauche
I. DEFINITION
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La luxation, est définie par une perte de
contact totale des surfaces articulaires d'une articulation
se produisant au décours d'un traumatisme.
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Le mécanisme le plus fréquent est une chute à
distance du foyer douloureux (luxation de l'épaule par chute sur la main), ou
une sollicitation extérieure d'un membre comme une clef de bras
(armlock). Le membre joue un rôle de levier qui
amplifie l'effort sur l'articulation.
Les premiers éléments pouvant faire penser à une
luxation sont :
- le mécanisme : choc, chute ;
- la douleur, apparue brusquement et localisée ;
- l'impotence fonctionnelle : il est extrêmement
douloureux ou impossible d'effectuer certains mouvements même aidé ;
- la déformation : asymétrie des articulations souvent
manifeste (l'articulation de gauche ne ressemble pas à celle de
droite) ;
- la perception par le patient d'un craquement qui témoigne de la
déchirure des sangles ligamentaires (mais c'est valable aussi pour une
entorse grave);
- la perception par le patient lors du traumatisme d'un claquement
voire d'un ressaut qui témoigne d'une sortie de l'os de son
logement ;
- antécédent de luxation : lorsqu'une articulation a été luxée,
elle est affaiblie et donc l'apparition d'une autre luxation au même
endroit est probable.
Ces signes ne sont pas spécifiques et peuvent aussi
indiquer une entorse ou une fracture, mais un examen clinique attentif fera
la différence. À l'inverse, certaines luxations présentent des symptômes atténués, par exemple dans le cas d'une
personne ayant des articulations souples (enfant, récidive de luxation).
Le seul examen pouvant indiquer sans ambigüité s'il
y a luxation ou non est la radiographie.
IV.
Conséquences &
COMPLICATIONS
La
luxation est un déplacement ou un écartement de deux surfaces articulaires,
accompagné d'une déchirure des ligaments, qui peut aller
dans les cas extrêmes jusqu'à leur rupture ou à un arrachement osseux. Il y a
donc une fragilisation de l'articulation. De même, la luxation peut entraîner
une fracture osseuse (exemple : fracture de la
glène dans la luxation scapulo-humérale) qui fragilisera aussi l'articulation.
En outre, le déplacement de l'articulation peut pincer
un nerf ou un vaisseau sanguin, ce qui peut provoquer des
problèmes neurologiques aux membres (notamment aux extrémités) et
d'alimentation sanguine (ischémie). Pour les membres,
on aura une indication de tels problèmes si la personne présente :
- des troubles de la sensibilité (sensation de fourmillement, perte
de sensibilité, sensation de décharge électrique) ou de la motricité des
extrémités ;
- un pouls distal (radial ou pédieux) dissymétrique, difficile à
sentir d'un côté voire absent, des pâleurs et froideurs aux doigts ou
orteils.
D'une part pour le risque de
compression d'éléments nobles (vaisseaux, nerfs)
mais aussi pour l'avenir de l'articulation (déformation articulaire,
instabilité, arthrose). Elle peut être favorisée par une trop
grande élasticité des ligaments appelée hyperlaxité. Dans le langage courant la
luxation est appelée déboîtement. Lorsque la perte de contact n'est pas
totale, on parle de sub-luxation, elle est souvent le fait d'instabilités
articulaires chroniques. En ostéopathie, on évoque des luxations notamment au
niveau vertébral mais c'est une expression pour décrire
une douleur localisée sans qu'il y ait perte complète
du contact articulaire.
La luxation est un problème qui doit être traité
par un médecin, c'est une urgence.
- sous anesthésie générale,
- réduction de la luxation en faisant revenir doucement l'extrémité
luxée dans son compartiment d'origine,
- immobilisation de l'articulation en position de relâchement pendant
10 à 21 jours.
Toutes les articulations peuvent être le siège
d'une luxation, mais certaines localisations sont plus fréquentes
Il existe 2 types de luxation de l'ATM :
- la luxation discale, c'est une altération fonctionnelle des ATM,
caractérisée par la dislocation du complexe disco-condylien.
- la luxation condylienne ou luxation temporo-mandibulaire qui est
une altération des rapports entre l'éminence temporale et le condyle
mandibulaire.
La réduction se fait grâce à la manœuvre de Nélaton.
- Luxation de l'épaule ou scapulo-humérale
La luxation scapulo-humérale ou gléno-humérale, le
plus souvent antérieure "pure" mais peut s'accompagner d'une fracture
de la grande tubérosité (ou trochiter) dans ce cas la réduction est la même,
mais il faudra fixer le fragment au reste de l'humérus. Quand il n'y a pas
d'arrachement osseux, la réduction doit être rapidement réalisée, pas tant pour
l'avenir de l'articulation mais plutôt pour la moindre difficulté de
réalisation. En effet de nombreuses techniques ont été décrites, la plus connue
est celle d'Hippocrate, consistant à tirer sur le bras dans
l'axe en plaçant le pied de l'opérateur dans l'aisselle du patient.
Actuellement cette technique se heurte à de nombreux échecs car source de
douleurs importantes, hors la réussite d'une réduction dépend directement du
relâchement musculaire du patient. Ceci explique la variabilité individuelle,
certaines luxations de l'épaule se résolvant sans aucune anesthésie, ni
sédation, simplement avec une analgésie légère, et d'autre se terminant au bloc
opératoire sous anesthésie générale après
plusieurs tentatives infructueuses (en particulier chez un sujet jeune et
musclé pour lequel le relâchement musculaire n'a pas pu être obtenu). De toutes
façons la réduction est un geste médico-chirurgical, les risques sont la
blessure du nerf circonflexe
qui détermine la sensibilité du galbe de l'épaule, il peut être abimé au moment
du traumatisme comme lors du traitement et sa blessure doit être recherchée et
consignée sur le dossier médical. Les autres blessures sont plus rares,
signalons juste le risque de fracture de la tête humérale sur le bord de
l'omoplate chez un patient âgé à os fragile. Tout ceci est valable pour la
luxation en avant de l'omoplate mais il existe des
luxations postérieures, donc en arrière de diagnostic plus difficile (pouvant
être une lésion traumatique suivant une crise d'épilepsie), et des luxations inférieures
"erecta", le bras restant levé vers le ciel sans possibilité
d'abaissement. Le déplacement étant particulier, la réduction nécessite
toujours une anesthésie générale. Les luxations répétées ou itératives ne
guériront plus et nécessiteront une stabilisation chirurgicale pour éviter les
récidives.
- Luxations de la clavicule
À son extrémité externe, ou disjonction
acromio-claviculaire. C'est une lésion dont les conséquences diffèrent beaucoup
selon les patients, d'une simple gêne esthétique par une bosse à une impotence
quasi-complète de l'épaule. Elle passe souvent inaperçue dans les
polytraumatismes, ou lorsque la radiographie est mal réalisée, on porte un
diagnostic de contusion de l'épaule mais celle-ci ne s'améliore pas avec le
temps. Dans les formes invalidantes une stabilisation chirurgicale peut être
réalisée. À son extrémité interne, la clavicule peut se luxer en avant du sternum, en général on ne perçoit pas la saillie
sous la peau, car il existe un volumineux hématome, ou en arrière pouvant réaliser
théoriquement une compression des structures profondes du thorax.
La luxation traumatique du coude est une lésion
traumatique non rare, venant en second, derrière la luxation d'épaule.
Elle est habituellement réduite sans retard chez de
grands enfants, adolescents ou adultes jeunes.
Une lésion traumatique survenant chez un petit
enfant ou un adulte plus âgé est plus vraisemblablement associée à une
fracture.
Dans cet article, seule est évoquée, la luxation
pure ou seulement associée à un petit fragment osseux périarticulaires.
- Traitement
- La réduction du coude est faite sans retard par manipulation
externe (en règle pas d'opération).
- Cette réduction "orthopédique" ne pose en règle pas de
difficulté, volontiers sans anesthésie ni même sédation : en
DOUCEUR+++.
- La pronation douloureuse s'observe chez le petit enfant (fille >
garçon ?) retenu par la main, tiré vers le haut :
"nursemaid's elbow" des anglophones.
- Elle correspondrait à une luxation de la tête du radius au niveau du coude suite à un
mouvement en traction du bras.
- La réduction est aisée, la radio inutile pour un chirurgien un peu
expérimenté
- Un peu moins aisée (clic émoussé par oedème) au bout de 48 heures
possible sans grosse difficulté ni douleur même si l'enfant fatigué est
de plus en plus craintif.
- Tant que le coude n'est pas réduit, le petit enfant ne se sert plus
de sa main : manoeuvre de réduction simple et efficace d'Ombrédanne,
puis on propose une friandise ou une curiosité à saisir avant de relâcher
des "urgences"...
- Bien que commune (aux "urgences"...), la disparition du
stage en chirurgie obligatoire (chez Fèvre ou Ombrédanne...) pour les
médecins depuis 1968 a fait qu'un certain nombre de ces petits enfants se
voient de nos jours posés avec un certain aplomb le diagnostic
d'"hémiplégie", diagnostic y compris par des pédiâtres +++.
- Au niveau des articulations entre les phalanges, elles sont assez fréquentes, et
en général simples à réduire.
Il faut se méfier des blessures tendineuses occasionnées (en particulier sur le tendon
extenseur). Le plus gros risque est de vouloir réduire en force son doigt
déformé sans comprendre exactement le déplacement, et d'engendrer une fracture.
- Au niveau des articulations entre phalanges et métacarpiens, elles
sont plus rares et plus complexes, il arrive parfois qu'elles soient irréductibles
par interposition de la plaque palmaire, fibrocartilage qui constitue le
socle articulaire à la face palmaire des articulations des doigts.
La réduction n'est pas facile à obtenir, et le
risque est au cours de la manœuvre d'intercaler un des 2 petits os sésamoïdes
dans l'interligne articulaire rendant les mouvements impossibles et obligeant à
opérer.
Il n'existe pas réellement de luxation du poignet,
car en général l'ensemble ligamentaire reste solidaire et c'est le plus souvent
une fracture de l'extremité inférieure du radius, du cubitus qui se produit.
Seul un osselet du carpe risque véritablement de se luxer, c'est le
semi-lunaire, il faut toujours opérer pour le replacer. Les luxations entre le
carpe et les métacarpiens sont peu fréquentes, difficiles à visualiser sur des
radiographies (tableau de grosse main traumatique totalement impotente avec
radiographies paraissant normales) et doivent être opérées.
- La luxation sur hanche saine est observée lors d'accidents de la
route. Non exceptionnelle, même sans fracture, elle est souvent associée à
une fracture du bassin.
- La réduction en règle sous anesthésie générale et surtout sans
retard s'efforce de prévenir la nécrose de la tête du fémur.
- La luxation sur prothèse de hanche n'est pas exceptionnelle en
rapport avec une erreur de positionnement des pièces plus souvent que
d'indication.
Elle se produit toujours dans le même sens, la
rotule allant se loger en haut et dehors de la trochlée fémorale. La réduction
est simple, pouvant être réalisée par le patient lui même en mettant la jambe
en extension et en empaumant la rotule pour la ramener vers le bas et
l'intérieur. Une contention souple aide à la cicatrisation d'un ligament
(aileron rotulien) interne, c'est lui qui en se déchirant autorise le
déplacement.
Nécessite une anesthésie générale, elle peut se
compliquer de contusion voire de rupture de l'artère poplitée qui
passe derrière le genou. Aussi la première urgence est de traiter une ischémie
post-traumatique du genou avant de s'occuper de l'articulation. La réduction
obtenue, le genou doit être réévalué car il existe fréquemment des lésions des
ménisques, des ligaments croisés, des ligaments latéraux et de la capsule
articulaire, le genou se retrouvant en situation d'entorse grave.
La luxation "pure" de la cheville, c'est
à dire tibio-astragalienne, est rare, le plus souvent il s'agit d'une
fracture-luxation, c'est à dire fractures des extrémités inférieures du tibia
ou du péroné autorisant le déplacement du pied en arrière, en avant ou sur les
côtés. La réduction doit être obtenue rapidement, la stabilisation des
fractures se faisant secondairement. La luxation peut se produire sous
l'astragale et entraine fréquemment des séquelles. L'astragale peut être
"énucléé" avec issue de l'os à travers la peau, exemple de luxation
ouverte. Les luxations entre tarse et métatarsiens doivent être réduites au bloc
et stabilisées. Les luxations métatarso-phalangiennes suivent les mêmes
principes qu'à la main. Les luxations entre les phalanges d'orteils ne posent
en général pas de problèmes.
Elles sont peu fréquentes, la colonne subissant
plus souvent des fractures et des tassements. Elles existent au niveau cervical
avec un risque quand la luxation se produit en dessous de la 4ème vertèbre
cervicale de tétraplégie, et un risque
au dessus de la 4ème vertèbre cervicale de mort (le risque étant la compression
ou rupture de la moelle épinière, et à ce niveau se trouve le centre
d'innervation du diaphragme qui régule la respiration autonome). À l'étage
lombaire ou thoracique on ne décrit pas de luxations simples. Au niveau
sacro-coccygien, il peut exister des luxations mais elles sont difficiles
d'interprétation sur des radiographies et le terme de luxation du coccyx est souvent utilisé abusivement pour décrire une
blessure à ce niveau. La vertèbre Atlas est aussi
susceptible de luxation. Voir aussi: Atlas (vertèbre)#Luxation de
l'atlas
Elle touche les filles dans la proportion de six à
huit pour un garçon. Elle affecte particulièrement les Lapons, les Amérindiens Navajos, les Kabyles, les Inuits et les Bigoudens.
Cette anomalie du positionnement de la tête du
fémur dans le cotyle est handicapante si elle n'est pas diagnostiquée par une
échographie à l'âge d'un mois par un pédiatre attentif puis traitée en
maintenant les membres inférieurs du bébé fléchis, cuisses écartées, au moyen
de langeage adapté et serré, ou d'un coussin de Becker ou d'un harnais.
Le portage peut régler le problème de luxation de
la hanche chez l'enfant si la pathologie n'est pas trop sévère et que les
parents d'enfants atteints prennent leur rôle de porteur au sérieux.
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